IMG_5145A Richard Brakenburgh. 1650-1702. Haarlem. Joyeuse Compagnie. Merry Company. vers 1680 Haarlem. Musée Frans Hals.

IMG_5145A Richard Brakenburgh. 1650-1702. Haarlem. Joyeuse Compagnie. Merry Company. vers 1680 Haarlem. Musée Frans Hals.
NS election
Image by jean louis mazieres
Richard Brakenburgh. 1650-1702. Haarlem. Joyeuse Compagnie. Merry Company. vers 1680 Haarlem. Musée Frans Hals.

LA PEINTURE EUROPEENNE : UNE HISTOIRE EN IMAGE ( 3 )

L’Europe a connu dans son histoire plusieurs ruptures de valeurs spirituelles et morales, et de civilisations, dont l’Art, et la peinture en particulier, témoignent très clairement. Quatre ruptures plus ou moins brutales et plus ou moins sensibles :
– La fin de la civilisation gréco-romaine et l’avènement du christianisme. (1)
– La "Renaissance" (2)
– La "Réforme" (3)
– Les "Lumières" (4)
A chacun de ces stades, l’art européen – la peinture en particulier- a changé, plus ou moins vite, plus ou moins profondément.

A partir du 16è siècle la "Réforme" donne naissance à une troisième grande rupture de civilisation dans l’histoire de l’Europe. La Réforme a des dimensions et des implications qui ne sont pas seulement culturelles, mais aussi politiques et économiques. Surtout la Réforme concerne les peuples, très directement, dans leur vie quotidienne. Les peuples sont contraints par leurs élites de changer de religion, et en partie de morale. Globalement parlant c’est aussi une rupture entre l’Europe du Nord – non colonisée par les romains- et l’Europe du sud. L’Europe Slave à l’est est un peu moins concernée. Pas du tout si on s’avance plus vers l’Est.
Le protestantisme fait indéniablement partie de l’idéologie chrétienne, et participe des mêmes sources sémitiques. Mais ce tronc commun cache de considérables différences dans la vision du monde, la conception de l’homme et de la société. Le protestantisme renoue avec l’Ancien Testament. Le protestantisme emprunte beaucoup de ses références au Judaïsme. D’où un conflit explosif et meurtrier avec le catholicisme et l’orthodoxie. Contrairement à la légende, toujours bien vivante, les catholiques (les papistes !) ne sont pas les seuls responsables de la rupture ! La responsabilité est évidemment totalement partagée.
Une des différences, absolument majeure, décisive en terme de culture, entre le catholicisme et l’orthodoxie d’une part, et les protestantismes et le judaïsme d’autre part, est la considération et l’importance accordées à la Richesse et à la Réussite sociale.
L’Ancien Testament, qui inspire le Judaïsme, mais aussi beaucoup les Protestantismes, accorde à la réussite financière et sociale de l’homme, une très grande importance. Cette réussite est même considérée comme une preuve, ou au moins une sérieuse présomption, de l’élection divine, et de la Grâce de Dieu. Il y a bien sûr des conditions, qui ne sont pas annexes : Job a du prouver sa foi malgré les coups du sort qui lui étaient infligés. L’homme riche, puissant et heureux est l’homme protégé par les Dieux. C’est une très vieille conception des rapports entre l’homme et les divinités qui était aussi une constante des religions polythéistes et animistes.
Par contre, la réussite matérielle, sur terre, en ce "bas monde", comprise comme une porte ouverte sur le paradis dans le ciel, ce n’est pas du tout un enseignement des Evangiles. Au contraire, pour les Evangiles, le Catholicisme et l’Orthodoxie, c’est très clairement la pauvreté qui est une porte grande ouverte sur le Royaume des Cieux. Le Nouveau Testament est très clairement en rupture avec l’Ancien sur ce point.
La différence est absolument fondamentale. Toute la conception du monde, de l’homme, de la société, en est profondément modifiée.
Le changement de point de vue sur le monde et l’homme, qui résulte de la Réforme, apparaît dans la peinture, très clairement, avec l’art du siècle d’or (17è) des Pays Bas du Nord qui, contrairement à l’Allemagne, ont adopté un protestantisme de tendance calviniste. Un art à l’évidence réaliste, naturaliste, matérialiste. Un art qui célèbre, magnifiquement, le monde des hommes, ses richesses, ses paysages, ses fleurs, ses légumes, ses harengs, ses homards et ses fromages.
Même si, parfois, le peintre place une tête de mort à côté des écrevisses et du verre de vin. La tête de mort ne contrebalance pas vraiment l’effet produit par le buffet abondamment garni.
En dehors des Pays Bas la peinture européenne demeure très orientée par l’idéologie catholique et l’esprit humaniste apparu à la fin du 15è et au début du 16è siècle. Les tableaux ont donc essentiellement pour thème la religion et la mythologie ou l’histoire de l’antiquité. La peinture de moeurs, le paysage ont leur place, mais elle demeure relativement mineure.

LA PEINTURE EUROPEENNE : A STORY IN PICTURE ( 3 )

In its history, Europe has experienced several failures of its spiritual and moral values. Several ruptures of civilizations, whose the Art, and painting in particular, demonstrate very clearly. Four breaks, more or less brutal and more or less sensitive:
-The end of the Greco-Roman civilization and the advent of Christianity. (1)
-The "Renaissance" (2)
-The "Reform" (3)
-The "Lights" (4)
At each of these stages, the European art – painting in particular – has changed, more or less quickly, more or less deeply

As from 16th century, the "Reform" gives birth to a third major rupture of civilization in the history of Europe. The Reform has dimensions and implications that are not only cultural but also political and economic. Especially the Reform concerns the people very directly in their daily lives. The peoples are forced by their elites to change their religion, and partly their everyday morality. Generally speaking it is also a rupture between northern Europe – not colonized by romains- and southern Europe. The Slave Europe, East, is a little less concerned. Not at all if we advance further east.
Protestantism is undeniably part of the Christian ideology, and took part of the same Semitic sources. But this common core, hides considerable differences in the vision of the world, in the conception of human and society. Protestantism returns to the Old Testament. Protestantism borrows many references to Judaism. Where an explosive and deadly conflict with Catholicism and Orthodoxy. Contrary to legend, still alive, Catholics (the Papists!) Are not solely responsible for the break! The responsibility is of course totally shared.
One of the differences, absolutely major, decisive in terms of culture, between Catholicism and Orthodoxy on the one hand, and Protestantism and Judaism on the other hand, is the consideration and importance attached to the Walth and social Success.
The Old Testament, which inspires Judaism, but also the many Protestantisms, attached tot the financial and social success of man, very great importance. This success is even considered as evidence, or at least a serious presumption, of divine election, and the Grace of God. There are of course conditions, not annexes: Job had to prove her faith despite the blows of fate inflicted upon him. The man rich, powerful and happy is the man protected by the gods. This is a very old conception of the relationship between man and the gods. It is a very old conception of the relations between man and deities which was also a constant of the polytheistic and animist religions.
By against, the material success, on Earth, in this "lowly world", understood as an open door to paradise in heaven, this is not a teaching of the Gospels. On the contrary, to the Gospels, Catholicism and Orthodoxy, it is very clear that poverty is a major open door to the Kingdom of Heaven. The New Testament is very clear a break with the ancien on this point.
The difference is absolutely fundamental. Any world view, of man, of society, is profoundly changed.
The change of perspective on the world and mankindthat resulting from the Reformation, appears in the painting, very clearly, with the art of the Golden Age (17 th Century) of the Northern Low Countries (Netherland) which, unlike Germany, adopted a Calvinist Protestantism trend. An art obviously realistic, naturalistic, materialistic. An art that celebrates, beautifully, the world of men, its wealth, its landscapes, its flowers, its vegetables, its herring, its lobsters and its cheeses.
Although sometimes the painter draws a skull next to crayfish and the glass of wine. The skull does not really offset the effect produced bey the abundantly stocked buffet.
Outside the Netherlands, the European painting remains highly oriented by the Catholic ideology and the humanist spirit that emerged at the end of the 15th and the beginning of the 16th century. The tables therefore have essentially the theme of religion and mythology or history of antiquity. The painting of manners, the landscape have their place, but it remains relatively minor.

You may also like...

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Skip to toolbar