IMG_7168D Edouard Manet 1832-1883. Paris. Berthe Morisot à l’éventail. Berthe Morisot with a Fan. 1872. Paris Orsay.

IMG_7168D Edouard Manet 1832-1883. Paris. Berthe Morisot à l’éventail. Berthe Morisot with a Fan. 1872. Paris Orsay.
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Edouard Manet 1832-1883. Paris. Berthe Morisot à l’éventail. Berthe Morisot with a Fan. 1872. Paris Orsay.

UNE HISTOIRE DE LA PEINTURE PLATE (2)

Toute l’époque de l’histoire de l’Europe que l’historiographie idéologiquement orientée appelle "le Moyen Age", est, à partir du 11è siècle, un temps de lente mais constante et évidente récupération technique, dans tous les domaines. C’est la vraie Renaissance de l’Europe.
Notamment dans le domaine des arts. De l’architecture à la peinture, en passant par la sculpture. En peinture l’histoire de l’Europe, de l’an 1000 à l’an 1500, est l’histoire du passage de la peinture plate, la peinture en deux dimensions, à la peinture en trois dimensions, qui donne l’illusion, la plus parfaite possible, du réel tel nous le voyons. Ce n’est évidemment pas le réel de l’araignée, mais c’est le réel pour l’homme.
La Renaissance du 16è siècle n’a rien apporté de très nouveau, dans le domaine des techniques artistiques, ou peu de choses.
En architecture c’est une évidence : l’architecture italienne de Brunelleschi ou d’Alberti n’est pas techniquement supérieure à celle des architectes romans de Cluny ou gothiques de Chartres. Quand Brunelleschi construit la coupole de Santa Maria del Fiore à Florence, il veut que Florence rivalise avec la coupole du Panthéon de Rome ou avec celle de Sainte Sophie de Byzance. Mais les techniques qu’il emploie pour la réaliser sont celles de l’architecture Gothique européenne. C’est avec des techniques gothiques que Brunelleschi construit une coupole romaine, ou byzantine.
En sculpture, les artistes découvrent à nouveau, tout au long de l’époque romane et gothique, les techniques de la Ronde-Bosse. Ils partent du Bas Relief, puis parviennent au Haut Relief, enfin à la Ronde Bosse. L’art paléochrétien, mérovingien se limite souvent au bas relief, mais peu à peu les reliefs augmentent, se dégagent de leur support, et deviennent des statues. Il est à nouveau possible de faire le tour des sculptures, comme au temps des Grecs et des Romains.
En même temps, les expressions psychologiques des statues s’individualisent et s’affinent. Dans le Nord de l’Europe comme en Italie. La Renaissance apporte en sculpture une seule nouveauté technique notable : la maîtrise retrouvée de la sculpture en bronze, et notamment du cavalier sur son cheval. Une technique totalement perdue depuis l’effondrement de l’Empire romain.
L’Italie avait cependant l’avantage d’avoir chez elle d’importants vestiges de l’époque romaine, notamment avec les sarcophages. La sculpture italienne a donc pris une orientation plus réaliste, plus naturaliste, que celle gothique.
En peinture c’est, pareillement, très progressivement, dès l’an 1000, que les artistes romans et gothiques, d’abord dans l’enluminure, la fresque et le vitrail, ensuite dans le tableau, découvrent à nouveau les techniques qui permettent de représenter, de manière réaliste et naturelle, les hommes, les animaux, les paysages. De manière réaliste, c’est à dire en trois dimensions. Avec les volumes des corps, et la profondeur des paysages. Et retrouvent l’art de peindre les hommes et les animaux, ressemblants.
La sculpture a exercé une forte influence sur les peintres du 15è siècle. Les peintres gothiques ont multiplié les "grisailles". En Italie un peintre comme Mantegna s’est inspiré très clairement de l’oeuvre de sculpteurs, comme les Pisano qui oeuvrent déjà au 13è siècle en imitant les bas ou hauts reliefs romains. En imitant des sculptures les peintres démontraient leurs nouvelles capacités techniques, pour rendre les volumes des hommes, des animaux, et les expressions psychologiques. Carlo Crivelli et l’école de Ferrare sont eux aussi très représentatifs de cette fascination des peintres européens du 15è siècle pour la sculpture et aussi l’architecture. La reproduction d’édifices, de bas reliefs, de hauts reliefs, de statues constituaient de précieux exercices permettant aux peintres de démontrer leur habileté technique retrouvée dans la figuration exacte du réel : peindre en trois dimensions, le monde tel que les hommes le voient.
Sur ce terrain du passage de la peinture européenne des deux dimensions à l’illusion des trois dimensions, la Renaissance n’est aucunement une révolution, c’est seulement un aboutissement. Vers 1500 l’art européen est arrivé au bout du chemin que les peintres et sculpteurs parcourent depuis l’époque romane et l’an 1000.
Toute la peinture européenne, pendant trois siècles et plus, de 1500 à 1850, va reproduire le monde de manière exacte et naturelle, le plus fidèlement possible, en trois dimensions, sur ce support plat qu’est un mur ou un tableau. Une peinture réussie est celle qui donne la plus parfaite illusion du réel. L’histoire va changer, sur ce point, avec l’art moderne et ses prémisses romantiques, dès les années 1830 et suivantes.

A HISTORY OF THE FLAT PAINTING (2)

All the time in the history of Europe, that the historiography, ideologically oriented, has called "The Middle Ages", is, as from the 11th century, a time of slow, but constant and obvious, of technical recovery, in all areas. This is the real Renaissance of Europe. En l’an 1000, pas en l’an 1500.
Especially in the field of the arts. Since the architecture to painting, through the sculpture. In painting, the history of Europe, from the year 1000 to the year 1500, is the story of the passage of the flat paint, paint two-dimensional to painting in three dimensions, giving the illusion , the most perfect as possible, of the reality, such as we see it. This is obviously not the reality of a spider, but it is the reality for the man.
The Renaissance of the 16th century, has brought nothing very new in the field of artistic techniques, or little.
In architecture, this is obvious: Italian architecture of Brunelleschi and Alberti is not technically superior to the art of the Romanesque architects of Cluny and Gothic architects of Chartres. When Brunelleschi built the dome of Santa Maria del Fiore in Florence, he wants that Florence competes with the dome of the Pantheon in Rome or with the Hagia Sophia of Byzantium. But the techniques he uses to build it, are those of European Gothic architecture. It is with Gothic techniques that Brunelleschi built a Roman or Byzantine dome.
In sculpture, the artists discover again, throughout the Romanesque and the Gothic period, the techniques of the Round-Bump. They start from the Low Relief and then reach the High Relief, finally to the Round Bump. The early Christian art, Merovingian, is often limited to the low relief, but gradually the reliefs rise, emerge from their support, and become statues. It is again possible go round the sculptures, as in the time of the Greeks and the Romans.
At the same time, the psychological expressions of the statues are individualized and refined. In Northern Europe as well as in Italy.
The Renaissance brings in sculpture, a single notable technical innovation: The newfound mastery of the sculpture in bronze, and in particular the rider on his horse. A technique totally lost, since the collapse of the Roman Empire.
Italy, however, had the advantage of having at home, important remains of Roman times, especially with the sarcophagi. The Italian sculpture has taken a more realistic direction, more naturalistic than the Gothic of northern Europe.
In painting it is, likewise, very gradually, from the year 1000, that the Romanesque and Gothic artists, first in book illumination, in the fresco, and in stained glass, afterwards in the easel painting, discover again the techniques that are used to represent, in a realistic and natural way, the men, the animals and landscapes. Realistically, ie in three dimensions. With the volumes of the body, and the depth of the scenery. And find again the art of painting the men and animals, resembling.
The sculpture has a strong influence on the painters of the 15th century. Gothic painters have multiplied the "greyness". In Italy a painter like Mantegna was inspired very clearly by the work of sculptors like Pisano already working in the 13th century by imitating the low or high Roman reliefs. By imitating sculptures, the painters demonstrated their new technical capabilities, to make the volumes of men, animals, and psychological expressions. Carlo Crivelli and the school of Ferrara are also very representative of this fascination of European painters of the 15th century for sculpture and also architecture. The reproduction of buildings, low reliefs, high reliefs, statues were valuable exercises allowing the painters to demonstrate their technical skill found in the exact representation of reality: paint the world in three dimensions, as the men see it.
On this ground, of the the passage of European painting, from the two dimensions to the illusion of the three dimensions, the Renaissance is in no way a revolution, it is only a result. Around 1500, European art arrived to the end of the path that painters and sculptors have come since the Romanesque period and the year 1000.
The whole European painting, for three centuries and more, from 1500 until 1850, will reproduce the world accurately, and naturally, as faithfully as possible, in three dimensions, on this flat surface, that is a wall or a table. A successful painting is one that gives the most perfect illusion of reality. The story will change on this point, with modern art, and with its romantic premisses, in the 1830s and subsequent. Before even the photograph appear

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