IMG_9357 Ludolf Bakhuizen. 1630-1708. The Eendracht and a Fleet of Dutch Men of War. L’Eendracht et une flotte de vaisseaux de guerre hollandais. vers 1675. Londres. National Gallery.

IMG_9357 Ludolf Bakhuizen. 1630-1708. The Eendracht and a Fleet of Dutch Men of War. L’Eendracht et une flotte de vaisseaux de guerre hollandais. vers 1675. Londres. National Gallery.
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Ludolf Bakhuizen. 1630-1708.
The Eendracht and a Fleet of Dutch Men of War. L’Eendracht et une flotte de vaisseaux de guerre hollandais.
vers 1675. Londres. National Gallery.

L’ART, LE BEAU ET LE LAID

"Tout l’art florentin depuis Giotto et tout au long du Quattrocento, possède cette stupéfiante qualité de vérité absolue, reconnue. L’effet immédiat d’un grand Giotto ou d’un Masaccio est de laisser le spectateur sans voix. Cela s’appelait autrefois la Beauté."
MARIE MAC CARTHY "Les Pierres de Florence" 1956.

"Everything Florentine art from Giotto and throughout the Quattrocento has this amazing quality of absolute truth recognized. The immediate effect of a large Giotto or Masaccio is to let the audience speechless. It s’ once called Beauty. "
MARY MAC CARTHY "The Stones of Florence" 1956.

Pendant des millénaires, en Europe, et dans toutes les civilisations, "le Beau" a été un but et un critère de l’Art, notamment en peinture.

1° Le Beau était le but poursuivi par l’artiste quand il peignait un tableau. De l’époque médiévale à l’Art Moderne, l’artiste a toujours eu pour finalité le Beau. Même quand il entendait peindre une situation dramatique, ou horrible comme les événements de la passion du Christ (Retable d’Issenheim) ou l’Enfer ( Bouts, Bosch). Même quand il a entendu peindre les horreurs de la guerre, comme Jacques Callot, Goya ou Otto Dix.

2° Le Beau était reconnu comme tel par consensus.
Comme l’a écrit Mikel Dufrenne dans un article de l’encyclopédie Universalis, le Beau est défini par trois critères, que l’on dira objectifs : L’opinion des élites, l’opinion commune de la population, le temps.
Une excellente définition, pratique, pragmatique, qui ne se noie pas dans les concepts abstraits, la recherche d’une Essence du Beau, et utilise un langage parfaitement compréhensible pour tous.

Ces définitions laissent bien sûr la place à l’opinion individuelle et aux goûts de chacun. Comme l’a écrit aussi Mikel Dufrenne dans le même article : "L’œuvre d’art s’impose avec la force de l’évidence, pour le bonheur de qui la contemple."
C’est un quatrième critère, plus subjectif, qui varie en fonction des individus. Telle oeuvre peut procurer du bonheur à telle personne, et pas, ou moins, à telle autre. Mais d’une part le but essentiel de l’artiste était de procurer un bonheur à son public, et ce bonheur était ressenti par une majorité d’hommes de milieux différents.
L’attitude totalement relativiste qui consiste à dire qu’il n’y a pas de critère du Beau, et que tout est affaire de goût personnel, est fausse, par excès, et par méconnaissance des réalités historiques établies.
Il est vrai qu’il n’existe pas de définition, abstraite, philosophique du Beau. Il semble que les grands philosophes aient tous échoué dans toutes leurs tentatives pour en une proposer une. Il n’existe pas non plus de définition mathématique du Beau. Il est donc inutile de se casser à la tête à rechercher des définitions abstraites du Beau. Mais le Beau n’en existe pas moins.
Le Beau est un fait d’expérience dont toute l’histoire humaine témoigne, dans toutes les civilisations.
Le Beau est un sentiment de satisfaction, une émotion positive, partagés par une large fraction d’une société, peuples et élites ensemble, cette conjonction est nécessaire, et confirmés par le temps.

Ce qui a changé avec l’Art Contemporain, progressivement, mais très nettement à partir des années 1950, c’est que le Beau n’a plus été un but de l’art. Le Laid a même été revendiqué comme une recherche légitime de l’art.
Comme le constate très réalistement l’historien d’art Ernst Gombrich, l’art est devenu "une aventure aux confins de l’impossible et l’art du laid."
L’adhésion idéologique de l’Art Contemporain au Laid est un constat banal, qui a été fait de multiples fois, et qui a été pleinement revendiqué par tous ses théoriciens.
Le critique d’art Michel Tapié (1909-1987) constate dans les années 1950-60 que "l’Art Moderne -entendez Art Contemporain- est né le jour où l’idée d’Art et celle de Beauté se sont trouvées disjointes." Il ne critique pas cette disjonction, bien au contraire il la constate et la justifie. "nous avons changé de valeurs".
Cela ne veut pas dire que cela a été pour le mieux ! Il est très significatif que toute l’Europe des Musées distingue, dans presque toutes les langues, les Musées des "Beaux Arts" des "Musées d’Art Contemporain". C’est l’officialisation du divorce de l’Art et du Beau.
Cette Nouveauté dans l’histoire de l’humanité n’est certainement pas sans signification ni conséquences.
Il n’est sans aucun doute pas indifférent qu’une société décide que son art officiel, en peinture et en sculpture, n’aura plus le Beau comme but, et proclame que le Laid, et l’Absurde, sont des valeurs esthétiques légitimes.
Les philosophes ont beaucoup discuté des rapports entre l’esthétique et l’éthique, le Beau et le Bien. Ils ont généralement conclu qu’il existait entre ces concepts fondamentaux, spécifiques à l’humanité, des rapports étroits et des relations de convergences.

L’art contemporain officiel est en réalité facile à comprendre : le Laid et l’Absurde sont le snobisme de cet art. C’est à dire une manière pour l’élite éclairée, initiée, de se reconnaître, de se différencier et de dire merde aux peuples non éclairés.
Car telle est la doctrine démocratique :
1° La légitimité politique est dans le peuple. C’est le principe public, affiché, exotérique.
2° La Raison est seulement chez les élites éclairées. C’est le principe secret, esotérique.
Cela est devenu possible au cours de la seconde moitié du 20è siècle quand l’art (peinture et sculpture) a pu cesser d’être un mode de communication entre les élites et les peuples comme il l’était aux temps de Rubens.
Les élites contemporaines ont à leur disposition des moyens de propagande nouveaux, dont ne disposaient pas les anciennes élites, autrement plus efficaces que l’art : l’enseignement obligatoire, les grands médias (presse, cinema, radio, télévision) et la publicité.
Dès lors l’art officiel pouvait cesser d’être intersocial, l’art n’était plus indispensable comme moyen de communication entre les élites et les peuples. L’art officiel pouvait couper les ponts avec les populations, et devenir une réserve à l’usage des seuls éclairés. Une réserve exclusive pour les Sages et les Gardiens, et interdite au gens du commun.
Pour y parvenir Le Laid et l’Absurde étaient à la fois les défenses et les clés tout à fait appropriées : Le Laid et l’Absurde constituent des barrières fortement dissuasives pour la majorité de la population, et sont des clefs tout à fait sélectives, car peu osent s’en servir. Pour forcer le passage et entrer dans la Réserve il fallait les reconnaître comme telles, et accepter de jouer ce jeu là.
C’est ainsi que les gens du commun restent à la porte des grands musées d’art contemporain, et se contentent de la photographie, de l’art commercial, de l’art mural….destinés à tout le monde. Tandis que les élites peuvent jouir de l’atmosphère raréfiée des sommets de l’art contemporain.

THE ART, THE BEAUTIFUL AND THE UGLY

For millennia, in Europe, and in all civilizations, "the Beautiful" was a goal and a criterion of art, particularly in painting.

1 The Beautiful was the aim pursued by the artist when he painted a picture. From medieval times to Modern Art, the artist has allways had intented the Beautiful. Even when he intended to paint a dramatic situation, or horrible, as the events of the Passion of Christ (Issenheim Altarpiece) or Hell (Bouts, Bosch). Even when he heard paint the horrors of war, as Jacques Callot, Goya and Otto Dix.

2. The Beautiful was recognized as such by consensus.
As Mikel Dufrenne wrote in an article in the Encyclopedia Universalis, the Beau is defined by three criteria objectives: The opinion of elites, the common opinion of the population, the time.
An excellent definition, practical, pragmatic, that does not drown in abstract concepts, the search for an Essence of Beauty, and uses an understandable language.

These definitions leave room to the individual opinion and tastes. As written also Mikel Dufrenne in the same article: "The work of art is imposed on all, with the strength of the evidence, to the delight of the beholder." It is a fourth criterion, more subjective, which varies depending on individuals. Such work can bring happiness to such a person, and not, or less, to another. But firstly, the primary aim of the artist was to provide happiness to his audience, and this happiness was felt by a majority of men of different backgrounds.
The fully relativistic attitude of saying that there is no criterion of the Beautiful, and that everything is matter of personal taste, is false, by excess and by ignorance of the established historical realities. It is true that there is no definition, abstract, philosophical of the Beautiful. It seems that the great philosophers have all failed in their attempts to propose a definition of the Beautiful. There is also no mathematical definition of the Beautiful. There is no need to break the head to search for abstract definitions of the Beautiful. But the Beautiful does exists nonetheless.
The Beautiful is a fact of experience, which all of human history testifies, in all civilizations.
The Beautiful is a sense of satisfaction, a positive emotion, shared by a large section of society, elites and peoples together, this combination is absolutely necessary, and confirmed by time.

The Beautiful is a fact of experience. The Beautiful is a feeling of satisfaction, shared by a large section of society, and confirmed by time.
What has changed with the Contemporary Art, gradually, but very clearly from the 1950s is that Beautiful was no longer a purpose of art. The Ugly has even been claimed as a legitimate pursuit of art.
As noted very realistic art historian, Ernst Gombrich, the art has become "an adventure to the borders of the impossible and the art of the ugly."
The ideological accession of Contemporary Art at the Ugly is a banal observation, which was done multiple times, and has been fully claimed by its theorists.
The art critic Michel Tapié (1909-1987) notes that in 1950-60 "Contemporary Art is born on the day when the idea of Art and that of the beauty found disjointed." He does not criticize this disjunction, on the contrary he finds good and justifies it. "We have changed values."
This is not to say that it was for the best! It is very significant that all of Europe Museums distinguishes between Museums of the "Beaux Arts" of the "Museum of Contemporary Art". This is the formalization of the divorce between the Art and the Beautiful.
This novelty in the history of mankind is certainly not without meaning and consequences.
It is undoubtedly not indifferent that a society decides that its official art, in painting and sculpture, will no longer have the Beautiful as its goal, and proclaims that the Laid and the Absurd are legitimate aesthetic values . The philosophers have discussed much the relationship between aesthetics and ethics, the Beautiful and the Good. They have generally concluded that there are close relationships and convergence relationships between these fundamental concepts, specific to humanity.
Official contemporary art is actually easy to understand: the Ugly and the Absurd are the snobbery of this art. That is to say a way for the enlightened elite, initiated, to recognise themselves, to differentiate themselves and to say shit to the unenlightened people.
For such is the democratic doctrine:
1. The Political legitimacy is in the people. It is the public principle, displayed, exoteric.
2. The Reason is only among the enlightened elites. This is the secret, esoteric principle
This became possible during the second half of the 20th century when art (painting and sculpture) could cease to be a mode of communication between elites and peoples, as it was for example in the days of Rubens.
The contemporary elites have at their disposal new means of propaganda, which lacked the former elites, far more effective than art: compulsory education, the mass media (press, cinema, radio, television) and advertising.
Henceforth the official art could cease to be intersocial, art was no longer indispensable as a means of communication between the elites and the peoples. Official art could cut bridges with the common people, and become a reserve for the use of the enlightened alone. An exclusive reserve for the Wise and the Guardians, and forbidden to ordinary people.
To achieve this, the Ugly and the Absurd were both the most appropriate defenses and keys: The Laid and the Absurd constitute barriers that are strongly dissuasive for the majority of the population and are very selective keys, because few dare to make use of it. To force the passage and enter the Reserve it was necessary to recognize them as such, and to accept to play this game .
Thus the common people remain at the door of the great museums of contemporary art, and are satisfied with photography, commercial art, mural art …. intended for everyone. While the elites can enjoy the rarefied atmosphere of the peaks of contemporary art.

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