IMG_1771A Abraham van Calraet. 1642-1722. Dordrecht. Scene on the ice outside Dordrecht. Vers 1665. Dordrecht Museum

IMG_1771A Abraham van Calraet. 1642-1722. Dordrecht. Scene on the ice outside Dordrecht. Vers 1665. Dordrecht Museum
the essential life
Image by jean louis mazieres
Abraham van Calraet. 1642-1722. Dordrecht.
Scene on the ice outside Dordrecht. Vers 1665.
Dordrecht Museum

LE RÉALISME NÉERLANDAIS.

Le réalisme néerlandais, plus exactement flamand et néerlandais, s’enracine dans une culture qui correspond au peuplement germanophone des Pays Bas au sens large (Pays Bas et Belgique actuels).
La partie sud du pays, flamande, se développe beaucoup plus précocement que la partie nord, néerlandaise. Dès le 11è siècle la Flandre est avec la plaine du Pô un des tous premiers moteurs de la Renaissance de l’Europe après les Ages Sombres consécutifs au lent dépérissement de l’Empire Romain et à la série d’invasion germaniques, scandinaves et arabo-berbères qui l’accompagnent et en aggravent encore les conséquences.
En peinture l’école de Bruges, que certains historiens d’art appellent encore "les primitifs flamands", n’a rien de primitif et constitue un excellent témoin du développement économique et politique de la Flandre au 15è siècle et 16è siècle.
L’Europe de l’ouest étant catholique, les oeuvres de ces peintres sont essentiellement orientées par les thèmes religieux. Mais le réalisme naturaliste, l’esprit concret et pragmatique de cette population apparaît déjà très clairement comme en témoignent Jérôme Bosch (1450-1516) et surtout Bruegel Pierre l’Ancien (1525-1569). Ce dernier notamment peint tout aussi souvent des tableaux profanes que des oeuvres sacrées, notamment ses kermesses, danses de mariage, travaux des saisons. Mais en outre ses tableaux religieux relèguent bien souvent le thème spécifiquement sacré en fond de scène, et en fait un prétexte à une restitution très détaillée de la vie quotidienne à son époque.
Cette caractéristique flamande va se développer encore, après la Réforme, aux Pays Bas du Nord dont le démarrage économique plus tardif prend tout son essor au 17è siècle.
La Réforme de tendance calviniste qui triomphe aux Pays Bas est religieusement presque iconoclaste. Le protestantisme néerlandais n’interdit certes pas absolument les représentations imagées religieuses -heureusement pour Rembrandt- mais il les limite considérablement. Les intérieurs des églises sont dépouillés du décor peint ou sculpté des temps catholiques. Les thèmes religieux qui demeurent sont essentiellement tirés de l’Ancien Testament, la Vierge et donc le Christ enfant, les Saints et les Saintes disparaissent. En outre l’Eglise ayant été chassée du pays un mécène essentiel disparaît.
Les artistes des Pays Bas du Nord doivent se reconvertir, ils vont le faire de manière exemplaire, en devenant les inventeurs d’une peinture profane, séculière, tout à fait particulière, qui restera originale en Europe encore jusqu’au 19è siècle.
Les artistes néerlandais n’ont peut être pas, dans l’absolu, créé les genres de la peinture de paysage, de la peinture de nature morte, ou de la peinture de moeurs, mais ils leur ont donné un tel développement, bien avant les autres régions de l’Europe, que cela équivaut à une invention.
Avant les artistes des Pays Bas du Nord le paysage est presque toujours le décor d’une scène historique ou mythologique. C’est aux Néerlandais que l’on doit le développement du paysage sans autre thème que la nature, et les banales et quotidiennes activités humaines contemporaines. Le thème certes déjà connu "des travaux et des jours" se généralise, se sécularise, et sort des livres d’heures.
Les peintres des Pays Bas vont aussi considérablement développer la peinture de moeurs en quittant les milieux aristocratiques pour s’intéresser aux paysans, artisans et bourgeois. Un domaine où leur réalisme et leur sens de l’observation font merveille. Les artistes flamands et néerlandais nous permettent, bien mieux que les peintres baroques ou classiques des écoles de l’Europe du Sud ou de l’Allemagne d’observer les modes de vie de l’époque.
Une vache qui pisse, un cochon qui ronfle, une femme qui boit, qui range son linge dans l’armoire, ou épouille sa fille, des paysans avinés qui se disputent, ou des bourgeois qui patinent sont des thèmes très distinctifs des Pays Bas. Des thèmes qui ne se rencontrent pas, ou très peu, ailleurs en Europe. Ce n’est pas du tout la peinture française de l’époque de Louis XIII et Louis XIV. Même les frères Le Nain sont très loin du réalisme flamand et néerlandais.
Enfin la nature morte, qui peut avoir quelques vagues connotations religieuses avec les "vanités", prend aussi un essor qui est spécifique de cette région de l’Europe.
Dans le domaine du portrait l’Europe catholique avait depuis longtemps ouvert la voie et les Pays Bas sont moins originaux, sauf à privilégier le portrait bourgeois par rapport au portrait aristocratique. Mais quand le milicien bourgeois des "grandes compagnies" porte l’épée on voit bien qu’il n’est pas un aristocrate. De même que les régentes des hopitaux, béguinages, orphelinats et oeuvres charitables diverses ne peuvent pas se confondre avec les grandes dames de la noblesse – et de la religion- française, hispanique ou germanique.
Les artistes des Pays Bas nous restituent ainsi, encore une fois, avec réalisme, le décor humain de leur époque, à un niveau social que les peintres du sud de l’Europe ignorent car leur clientèle est toujours ailleurs: Les Rois, les Princes, l’Aristocratie ou une très grande bourgeoisie assimilée, et bien sûr l’Eglise.

THE NETHERLANDS REALISM.

The Dutch realism, more precisely Flemish and Dutch, is rooted in a culture that corresponds to the German-speaking population of the Netherlands in the broad sense (the Netherlands and Belgium today).
The southern part of the country, Flemish, develops much earlier than the northern part, Dutch. From the 11th century Flanders was, with the plain of the Po and Tuscany, one of the first engines of the Renaissance of Europe after the Dark Ages consecutive to the slow decline of the Roman Empire and to the series of Germanic Scandinavian and Arabic-Berbers invasions that accompany it and further aggravate the consequences.
In painting the school of Bruges, which some art historians still call " the Flemish primitives", is nothing primitive and is an excellent witness to the economic and political development of Flanders in the 15th and 16th centuries.
The Western Europe being Catholic, the works of these painters are essentially oriented by religious themes. But the naturalistic realism, the concrete and pragmatic spirit of this population, already appears very clearly as evidenced by Jerome Bosch (1450-1516) and especially Bruegel Peter the Elder (1525-1569). The latter, in particular, paints profane paintings as often as sacred works, notably his kermesses, wedding dances, works of the seasons. But in addition his religious pictures often relegate the specifically sacred theme to the background, making it a pretext for a very detailed restitution of everyday life in his time.
This Flemish characteristic will continue to develop after the Reformation in the Northern Netherlands, whose later economic growth took off in the 17th century.
The Reformation of Calvinist tendency which triumphs in the Netherlands is religiously almost iconoclastic. Dutch Protestantism does certainly not absolutely forbid religious images – fortunately for Rembrandt- but he limits them considerably. The interiors of the churches are stripped of the painted or carved decoration of Catholic times. The religious themes that remain are essentially drawn from the Old Testament, the Virgin and therefore the Christ Child, the Saints and the Holy Women disappear. In addition the Church having been expelled from the country, an essential patron disappears.
The artists of the Low Countries of the North must reconvert, they will do so in an exemplary way, becoming the inventors of a profane, secular painting, quite particular, which will remain original in Europe until the 19th century.
The Dutch artists may be not have, in absolute terms, created the genres of landscape painting, of still life painting, or painting of manners, but they have given them such a development long before other regions of Europe, that is equivalent to an invention.
Before the artists of the Low Countries of the North the landscape is almost always the decor of a historical or mythological scene. It is the Dutch to development of the landscape with no other theme than nature, and the banal and daily contemporary human activities. The theme already known "works and days" is generalized, secularized, and comes out of the books of hours.
The painters of the Netherlands will also considerably develop the painting of manners by leaving the aristocratic circles, to take an interest in peasants, craftsmen and bourgeois. An area where their realism and their sense of observation are wonderful. Flemish and Dutch artists allow us, far better than the Baroque or classical painters of the schools of Southern Europe or Germany, to observe the ways of life of the time.
A cow that pisses, a pig that snores, a woman who drinks, who puts her clothes in the cupboard, or chases his daughter’s lice, drunken peasants who dispute, or bourgeois who skate, are very distinctive themes of the Netherlands . Topics that do not meet, or very little, elsewhere in Europe. This is not at all the French painting of the time of Louis XIII and Louis XIV. Even the Le Nain brothers are far from Flemish and Dutch realism.
Finally, still life, which may have some vague religious connotations with the "vanities", also takes a boom that is specific to this region of Europe.
In the field of portraiture Catholic Europe had long opened the way, and the Netherlands is less original, except to favor the bourgeois portrait in relation to the aristocratic portraiture. But when the bourgeois militiaman of the "big companies" bears the sword, it is clear that he is not an aristocrat. Just as the regentes of hospitals, beguines, orphanages and various charitable works can not be confused with the great ladies of the nobility – and of the French, Hispanic or Germanic religion.
The artists of the Netherlands thus restore to us, once again, with realism, the human decor of their time, on a social level that the painters of southern Europe ignore because their clientele is always elsewhere: The Kings, Princes, The Aristocracy or a very large assimilated bourgeoisie, and of course the Church.

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