IMG_7577 Emile Bernard. 1868-1941. Paris. Les bretonnes aux Ombrelles. Breton women with parasols. 1892. Paris. Orsay

IMG_7577 Emile Bernard. 1868-1941. Paris. Les bretonnes aux Ombrelles. Breton women with parasols. 1892. Paris. Orsay
paleo plan
Image by jean louis mazieres
Emile Bernard. 1868-1941. Paris. Les bretonnes aux Ombrelles. Breton women with parasols. 1892. Paris. Orsay

Ce tableau d’Emile Bernard est un très bon exemple du retour à la "peinture plate" qui est une des caractéristiques de l’Art Moderne.

This painting by Emile Bernard is a very good example of the return to "flat painting" which is one of the characteristics of Modern Art.

UNE HISTOIRE DE LA PEINTURE PLATE (3)

L’Art Moderne ?
A partir des années 1830-1850 environ, les peintres romantiques, les premiers, puis les préé-impressionnistes, les impressionnistes, les post-impressionnistes, "les peintres modernes", parcourent, en sens inverse, le chemin qu’avaient pris les peintres de l’art Roman, de l’art Gothique et de "la Renaissance".
A partir de la deuxième moitié du 19è siècle beaucoup de peintres européens rejettent la précision et le réalisme du dessin, refusent la vérité des couleurs telles que nos sens les perçoivent. Les peintres rejettent l’exigence d’une représentation naturaliste et réaliste du monde. Une exigence technique, qui a caractérisée toute la peinture européenne, depuis le gothique tardif et la renaissance.
Finie "la tyrannie" de l’illusion des trois dimensions sur la surface plane du tableau. Vive "la liberté" de la peinture plate, qui épouse son support.
Les peintres suppriment la perspective et les volumes, reviennent à des formes stéréotypées et stylisées. Ils pratiquent le "tachisme", usent et abusent de l’esquisse, inventent les couleurs arbitraires, décomposent les volumes, multiplient les points de vue sur le même objet. Les peintres européens s’éloignent ainsi toujours plus d’une représentation fidèle du monde qui les entoure, pour proposer les plus diverses interprétations et reconstructions, voire même inventions, du réel.
Il est très clair que ce chemin est suivi de manière tout à fait volontariste.
Nous ne sommes plus dans la situation des peintres et des mosaïstes de l’Empire romain finissant, dont les techniques étaient dictées par leurs méconnaissances des règles, techniques, du bien faire. Les imperfections, techniques, de la peinture plate et de l’esquisse, s’imposent non pas comme une incapacité à bien représenter, mais comme une ouverture sur une esthétique nouvelle

Les artistes veulent faire du "Nouveau". C’est même une obsession. Et pour faire du nouveau, parfois, il n’y a rien de mieux que l’Ancien ! Mais il ne faut pas trop le dire !
Les visages stéréotypés et les grands yeux inexpressifs des peintures et mosaïques Paléo-chrétiennes et Byzantines retrouvent un charme "moderne" avec Modigliani.
Les corps de femme peuvent aussi se passer des modelés subtiles, et se réduire à des lignes, comme aux temps de Byzance, de la peinture Siennoise et du gothique international (Maurice Denis, Henri Matisse, Edward Munch….).
Masaccio, "moderne" en 1410 parce qu’il donne une épaisseur et un volume plus réaliste à ses personnages, devient un peintre académique en 1900 !
C’est ainsi que, contre les peintres académiques, classiques, accusés d’être réactionnaires et dépassés, Edouard Manet et ses successeurs reviennent à une interprétation stylisée, symbolique, suggestive, inventée, du monde qui les entoure. En fait ils empruntent beaucoup à l’esthétique de Ravenne, des fresques romanes, de Giotto, de l’école de Sienne, et du Gothique international. Une esthétique dont ils avaient évidemment une parfaite connaissance par leurs fréquentations assidues des musées et lieux artistiques européens, leurs voyages en Italie…
Evidemment ces techniques s’appliquent à des thèmes tous différents de ceux de l’époque gothique. Mais c’est un autre aspect de l’histoire de la peinture européenne.
Au bout de ce chemin, la peinture européenne aboutit à l’art abstrait, non figuratif.
En effet, de simplifications et stylisations en synthèses, et d’interprétations et suggestions en inventions, les peintres s’éloignent toujours plus d’une représentation naturaliste et réaliste du réel, le réel tel que les hommes le perçoivent par leurs yeux, et finissent par le quitter.
Les villages et les églises de Lyonel Feininger ne sont bientôt plus que des lignes qui s’entrecroisent.

A HISTORY OF THE FLAT PAINTING (3)

Modern Art ?
From the years 1830-1850 approximately, The European Romantic painters, the firsts, then the pre-Impressionists, Impressionists, Post-Impressionists, in short the "moderns painters", browse, in the opposite direction, the path that have followed the painters of the Roman art, Gothic art, and "Renaissance."
From the second half of the 19th century, many European painters reject the accuracy and the realism of the drawing, are refusing the truth of the colors, such as our senses perceive them. The Painters reject the requirement of a naturalistic and realistic representation of the world. A technical requirement, which has characterized all European painting since the late Gothic and Renaissance.
Finished the "tyranny" of the illusion of the three dimensions on the flat surface of the painting. Long live the "freedom" of the flat paint, who marries his support.
The painters suppress the perspective and the volumes. They return to stereotyped and stylized forms. They practice the "tachisme", use and abuse of the sketch, invent the arbitrary colors, decompose the volumes, multiply the points of view on the same subject. The European painters move away so always more than a true representation of the world around them, for propose the most diverse interpretations and reconstructions and even inventions, of the real.
It is very clear that this path is followed entirely voluntarist.
We are no longer in the situation of the painters and mosaic artists of the late Roman Empire, whose techniques were dictated by their misunderstandings of the rules, technical, of the doing well. The imperfections, technical, of the flat painting and of the sketching, are needed not as an inability to well represent, but as a an opening on a new aesthetic.
The European artists want to make the "New", this is even an obsession. And to make the New, sometimes there’s nothing better than the Old!
But Just don’t say it too much!
The stereotyped faces and the big eyes expressionless of the paintings and mosaics Paleo-Christian and Byzantine found a charm "modern" with Modigliani.
The female body can also dispense with subtle patterns, and be reduced to lines, as in the time of Byzantium and Gothic painting XIVth international (Maurice Denis, Henri Matisse, Edward Munch…)
Masaccio, "modern" in 1410 because it gives a more realistic thickness and volumes to his characters, becomes an academic painter in 1900!
Thus, against the academic painters, classics, accused of being reactionary and surpassed, Edouard Manet and his followers return to a stylized interpretation, symbolic, suggestive, invented, of the world around them. In fact they borrow much from the aesthetics of Ravenna, of the Romanesque frescoes, of Giotto, of the Siena School, and of the International Gothic. An aesthetic which they obviously had a perfect knowledge of their courtship of European museums and artistic venues, their travels in Italy …
Obviously these techniques apply to themes all differents from those of the Gothic period. But this is another aspect of the history of European painting.
At the end of this road, European painting comes to abstract art, non-figurative art.
Indeed, from simplification and stylisation into syntheses, from interpretations and suggestions into inventions, the painters always away more than a naturalistic and realistic representation of the real, this real, as men perceive with their eyes, and eventually leave him.
The villages and churches of Lyonel Feininger are soon more than lines that intersect.

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